Pour les bordelais, l’été a été… Vache.
Non pas qu’on ai eu un été pourri (quoique…) mais surtout, les vaches se sont promenés dans Bordeaux.
C’est la Cow Parade – http://www.cowparade.com/ – qui s’était installée en ville, et des artistes locaux avaient créé leur « vache » mise sur la place publique. Je vous laisse admirer les vaches bordelaises, qui sont ici : http://www.bordeauxandcow.com/crbst_20.html
Moi ce qui m’a le plus intéressé, c’était pas les vaches en elles-même, mais le rapport à l’art.
N’en déplaisent aux gens qui ont abimé (hélas) certaines vaches, ou taguées d’autres, chacun s’est approprié les vaches à sa façon.
Les enfants qui voyaient ces vaches n’avaient que 2 objectifs : 1) monter dessus, 2) essayer de la traire. Et tout ça avec un bel enthousiasme.
Et j’ai pu découvrir ainsi ma compagne qui essaye de toutes les voir, dans un esprit de collection purement ludique. Quand d’autres voulaient toutes les photographier, toutes les toucher… En clair d’une œuvre d’art, les bordelais avaient fait un jouet géant, qu’ils se sont appropriés avec beaucoup de bonheur et d’enthousiasme. J’avais pu voir des œuvres exposés (comme des Lions à Lyon), mais c’est la première fois que je vois autant d’entrain. Peut être est le coté bonhomme, sympathique, paisible de ces modestes ruminants ? Ou l’humour des propositions (le veau d’or, la vache à l’eau et d’autres) ?
En tout état de cause, a partir d’un rien, d’un grain de sable est né une capacité de jeu, de plaisir. Un gameplay émergeant. Il est né le divine enfant.
Moins c’est plus.
C’est là toute la démonstration. Il ne sert à rien d’avoir des règles complexes, des objets utiles, pour avoir du plaisir. Un simple objet décoratif, bien pensé, peut faire réagir, jouer, apporter un plaisir enfantin. En clair, l’art devient jouet, devient instrument.
Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi la Joconde avait autant de succès ?
Son sourire ? Connerie oui ! Ce qui fait qu’on l’admire, c’est un jeu. La légende (ou plutôt la trigonométrie) veut que lorsque vous regardiez la Joconde, elle vous regarde aussi du coin de l’œil, d’où que vous la regardiez. Et des millions de touriste de passer devant pour voir si c’est vrai. Bref, le jeu fait entrer l’art dans la légende.
Mais où qu’il veut en venir ?
Nulle part et partout ! L’art en fait, est ce qu’on en fait, et le jeu, le plaisir, sont partout, pour peu qu’on sache garder de l’imagination, une âme d’enfant. Peut être est ce là une vocation sociale du game designer : faire émerger un gameplay qui réveille notre âme d’enfant.
Pour aller plus loin, un excellent article ici : http://www.slate.fr/story/26339/nature-morte-couteau-chardin-louvre