Ron Gilbert quitte HotHead Games… Mais c’est qui Ron Gilbert ?
Ron Gilbert, tous les vieux l’idolâtrent. Les jeunes ne savent même pas qui c’est. Mille fois hélas. Petite restrospective des jeux de ce géant d’une époque où le jeu vidéo, c’était drôle et jouissif, plus que maintenant d’abord.
La plus part des gens ont découvert Ron Gilbert avec un titre mythique, quasi biblique : Maniac Mansion. Protegez vous yeux, ça date. Et j’y ai joué à sa sortie en Europe sur PC (quelque peu décalée avec la version d’origne). Ce qui est aujourd’hui un honneur des plus rares
. En 1985, Ron Gilbert est un programmeur de chez LucasArts, qui fait des portages de jeux vers le Commodore 64. Lassé, il obtient de développer son propre titre.
Il va alors développer un moteur de jeu (l’un des premiers) nommé SCUMM. Ce qui va lui permettre de créer un titre intuitif, bourré de détails drôles. Le pitch : « Le professeur Fred, un savant fou a kidnappé Sandy pour des expériences machiavéliques. Dave et sa bande d’amis vont la délivrer ». Météore Fou, Tentacules qui parlent, Cave avec des squelettes, Momies… Tout ce jeu est un immense hommage brillant aux séries Z. Et un jeu point & click parmis les pionniers et les meilleurs.
Et Maniac en plus d’être un succès ouvrit la voie à d’autres titres (Zack Mac Kraken, Monkey Island, Sam & Max, Full Throttle, Indiana Jones, Loom, The Dig, Grim Fandango…) qu’on appelle l’age d’or du point & click. Peu de compagnies ont eu autant de succès et de talent concentré que ces jeux Lucas Arts. La suite de Maniac Mansion, Day of The Tentacule, bien que créé sans lui, est tout aussi géniale, drôle et brillante. Maniac Mansion inaugure aussi deux autres choses:
- Le placement produit (Pepsi est dans le jeu)
- Les protections de jeu antipiratage tordues.
Forcément vu le talent et le succès du jeu (surtout lié à son coté aussi adulte que déjanté) LucasArts a poussé l’idée. Celà a donné un autre jeu très bon, bien barge à mon goût, le célèbre Zak McKraken and the Alien Mindbenders. Evidemment, SCUMM était encore de la partie, amélioré, et ca a permis de faire un jeu rapidement, donc avec une histoire longue et conséquente.
Critique drôlatique des tabloïds et des scoops à deux balles (c’était l’époque du fameux « visage sur Mars »), Zak McKraken prend à son compte tous les clichés avec des cristaux magiques, des aliens, un complot de supermarché… bref, Ron est parti loin, et c’est bon.
Zak a connu moins de succès, mais mérite également qu’on y jette un coup d’oeil. Il existe des versions « pirates » de fans remises au gout du jour, qui permettent de jouer à ces jeux. Lucas Arts est contre, mais n’a jamais remis au goût du jour ces deux pépites du jeu vidéo. Mille fois hélas.
Après cela, Lucas Arts reste Lucas Arts et a voulu rentabiliser la licence de son dernier film. Un certain
Indiana Jones, qui faisait alors la quête du Saint Graal.
Là on voit également le talent de Ron Gilbert, puisqu’il a réussi à faire d’un bon film un excellent jeu. SCUMM est là. Il y a ajouté d’ailleurs de nombreuses fonctions intéressantes :
- Un système de combat rapide et puissant, basé comme Prince Of Persia, sur un système de hauteur d’attaque (frappe en haut, au milieu, en bas, blocage vers le haut, le milieu, le bas).
- Un système d’exploration / mouvement original, qui permet des phases bien marrantes, à éviter des nazis.
- Un petit jeu de tir, lors d’une phase en avion
On sent, cela dit, que c’était une plus grosse production : les décors sont somptueux, l’histoire riche, plus complète presque que dans le film… Un vrai bonheur. On ne s’étonnera pas que plus tard, fut créé un Indiana Jones sans aucun rapport avec les films : Indiana Jones and the Fate of Atlantis. Qui est aussi une tuerie, avec SCUMM.
Après, en 1990 Ron Gilbert a créé un autre mythe du point & click : Monkey Island. Imaginez les îles de pirates les plus barges qui soit, avec le pirate le plus raté qui soit, Guybrush Threepwood. Les jeux gagnent en humour, en longueur, en maturité, la protection antipiratage est encore plus tordue (je vous laisse la surprise de vous documenter sur le sujet).
Après ce brillant succès, et un second Monkey Island, Ron Gilbert quitte LucasArts pour fonder Humongus Entertainement, qui créera d’excellents jeux pour enfants, et se retrouvera producer notamment du génial Total Annhilation de Chris Taylor. Death Spank, son dernier bébé, sortira avec le logo EA / HotHead d’ici peu, et forcément, je le regarderai avec un oeil de fan. Qu’est ce que ce type décalé et drôle a encore à nous proposer ?
Pour finir, Ron a un blog : http://grumpygamer.com/main et on y trouve d’excellents conseils (Why Adventure Games Sucks, and what to do about It : http://grumpygamer.com/2152210 écrit en 89, toujours autant d’actualité).

Hého ca fait 2 jours que t’as pas posté !! Need un article !
WTB Vacances… je poste demain
Merci pour cet article, bien instructif !
J’ai joué à DOTT toute mon enfance et je viens d’acquérir Maniac Mansion que je ne connaissais même pas, je suis ravie !!
Et vous m’avez donné envie de découvrir Zak MacKraken !
Y a pas de quoi…