Est ce la mort du jeu vidéo ? (ou le syndrome du cété-mieu-avant-isme)

La nostalgie est une force puissante. Sur World of Warcraft (oui  je sais, encore !) être nostalgique consiste souvent à cracher sur tous les changements et à se bercer d’illusion sur le passé, croire que ce qu’on haïssait hier, est tellement mieux que ce qu’on apprécie aujourd’hui.

Dans le jeu vidéo, il y a une mode claire de la nostalgie. Que le jeu vidéo était mieux dans les années 80/90. Je peux comprendre celà mais je vais néanmoins expliquer en quoi je considère cela comme faux.

1)  Passé idéalisé ? Clairement !

A entendre certains les jeux à licence baclée sont une mode récente. C’est faux. On trouve des choses aussi improbables que Dirty Harry sur NES. Je ne dis pas que c’est un mauvais jeu (j’ai pas de NES sous la main) mais franchement, le jeu à licence, ça date pas d’hier. Le jeu baclé non plus. On avait déjà Fifa 93-94-95-96-97-98… Les suites étaient déjà une mode plus qu’énervante (sauf qu’à l’époque, on parlait de Ultima, et non de GTA).

2) On confond nostalgie des vieux jeux et nostalgie de l’enfance.

Ce que bon nombre de nostalgeeks (moi le premier) regrettent, ce n’est pas tant les vieux jeux, mais leur enfance et leur innocence perdue. Je me suis appercu de ça quand j’ai acheté nombre de jeux megadrive ces dernières années. Les jeux que je voulais ? Ceux auquel j’ai joué étant gamin, et ceux sur lesquels j’ai rêvé de jouer.

3) Que de progrès en ergonomie ! Et en équilibrage !

Inutile de l’avouer, le jeu vidéo à l’époque, fallait un putain de talent. C »était dur, frustrant. Je me souviens de mon frêre s’acharnant 10 ou 20 fois sur un passage difficile de tel ou tel jeu de plateforme Megadrive / Master System. Même un mauvais jeu actuel est plus intuitif, plus enrobé, plus accessible. Je ne suis pas de ceux qui regrettent l’élitisme d’avant. Je considère que les jeux devraient s’adapter à leur public et proposer un défi à leur portée.

Combien de fois ai-je jeté ma manette dépité, devant un jeu mal calibré ? Dieu merci, c’est moins fréquent désormais. Ca m’empêche pas d’avoir des frissons de plaisir sur certains jeux.

La théorie du game design s’est fondé peu à peu autour de ces années 80 et 90, l’équilibrage qui est maintenant une question clef, n’était pas franchement reconnu à l’époque, c’était « des recettes de grand mère » que chacun appliquait, faisant sa tambouille avec plus ou moins de talent. Maintenant on a des livres, des théories, des auteurs, des sujets de réflexion, des pistes.

Bref, on a gagné en professionnalisme (merci l’ergonomie !).

4) Originality is not dead.

On dit que le jeu vidéo original est mort. J’aimerai que tous les incultes qui disent ça jouent à genre Locco Rocco, Little Big Planet, Patapon, World of Goo, et tant d’autres jeux. Il existe une scène indépendante vivace, peut être plus que jamais. (j’aimerai avoir le temps , notamment, d’interviewer Laurent Goethals – Andreil’s Game, un copain aux idées de jeux vraiment originales).

N’hésitez pas donc pas à faire un tour sur Kongregate. Les idées de base des AAA de demain elles sont dans les petits jeux Flash et XBox Live d’aujourd’hui.

5) Art is not dead.

On dit que l’art dans le jeu vidéo est mort. Pourtant Biochock est le FPS le plus artistique qui m’ai été donné de voir (fouillé niveau scénario, environnement, musique, ambiance) et il est récent. God Of War, malgré son coté trash et violent, est très recherché sur la culture grecque antique. Heavy Rain a une histoire plus que sympathique. Le fait est que ce n’est pas l’art qui est mort, mais les auteurs qui se font plus discrets.

Il y avait dans les années 90 une scène française vivace (avec des grands comme Raynal, Chahi, Ulrich, Ancel, et plein que j’oublie)… Nombre d’entre eux travaillent toujours dans le jeu vidéo. Sauf que le jeu vidéo ne se fait plus à 2 ou 3, mais à 20 ou 30. Les auteurs individuels ont laissé la place à des équipes d’auteurs. Ca n’empêche pas ces anciens (et les nouveaux, In Memoriam est une pépite graphique) de continuer à créer. C’est juste plus diffus, moins identifiable. Le jeu vidéo est plus protéiforme que jamais.

Et le jeu d’auteur est loin d’être mort (que je sache, Sid Meiers, Will Wright, Peter Molyneux et d’autres, comme Fumito Ueda, sont encore là). Que celui qui dit que le jeu vidéo d’auteur est mort joue à Ico, Shadow of Colossus et Okamy. Et qu’il se taise à jamais.

6) Evolution, still.

Le fait est que le jeu vidéo évolue en 2 tendances:

- Le grand jeu vidéo (ce qu’on nomme triple AAA) équivalent aux blockbusters américains : bons, à la prise de risque faible, au budget énorme, avec de la profondeur niveau contenu. Ainsi nait les structures de financement, les équipes phares de demain. C’est celui qu’on voit le plus, parce qu’il touche le grand public.

- Le jeu vidéo indépendant équivalent aux courts métrages et films d’auteurs. Souvent méconnus mais souvent meilleurs que le grand marché. Et qui permet l’émergence d’auteurs de talent. Peut être des futurs Speilberg qui rejoindront les AAA d’après demain ? Et ses idées novatrices seront reprises dans telles et telles productions AAA.

7) Le rééquilibrage est en cours.

Le jeu vidéo a connu une grande course graphique, pour plaire au grand public. XBox 360 et PS3 sont les derniers avatars de cette course. Elle arrive à son terme : on ne peut plus différencier les jeux de la réalité. En un mot « putain c’est beau ». Maintenant qu’on en est à ce cap, on fait quoi ?

Les jeux indépendants, ou la Wii et la NDS, posent les nouvelles bases. La prochaine guerre du jeu vidéo, celle qui va durer longtemps, ca sera le gameplay, l’ergonomie, la profondeur de jeu. Et cette guerre des talents sera plus passionnante encore que l’actuelle.

Andreil’s Game




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Une réponse de “Est ce la mort du jeu vidéo ? (ou le syndrome du cété-mieu-avant-isme)”

  1. Zanzi dit :

    Je suis d’accord avec toi pour bioshock. Il est passé facilement dans mon top FPS, et il m’a inspiré dans beaucoup de dessins et créations graphiques. Néanmoins, combien de bioshock contre quinze call of duty like? Les jeux avec un univers graphique très particulier et original ne sont pas légions, la preuve tu a pu citer la plupart d’entre eux.

    Alors oui je ne dis pas que « bioshock c’est trop bien et le reste je m’en fout ». J’ai adoré call of duty(malgré le fait qu’il soit très court mais ça c’est une autre histoire^^), mais j’ai l’impression que la prise de risque artistique n’apparait que très peu. Peut être que la situation économique n’y prête pas. Les consommateurs, comme les industriels ont besoin d’être rassurés, et les délires graphiques ou de gameplay ne prêtent ne prêtent pas vraiment à ça.

    Il y’a de l’originalité, mais trop peu selon moi. Le jeu vidéo n’est pas le seul, je crois que ça touche tout les domaines artistiques (cinéma notamment.

    Pour en revenir à la nostalgie, je suis aussi d’accord. J’ai voulu ressortir ma megadrive et certains jeux que j’avais adoré à l’époque mon déçus. Je ne retrouve plus les mêmes sensations. On idéalise beaucoup les choses de l’enfance, ou même des débuts. On aime pas trop le changement de nos habitudes.

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