Ubisoft tangue… Que se passe-t-il dans notre industrie ?
On accuse tout et son contraire d’être la raison des soucis de chaque acteur dans l’industrie. Ubisoft accuse le piratage et la crise pour expliquer ses méventes. Soyons honnête, je ne suis pas totalement convaincu.
Square Enix parle de résultats en forte hausse, Sega renoue timidement avec les bénéfices, Konami annonce également des profits en hausse. Si crise il y a, elle est donc amplifiée par les choix de l’éditeur.
Le choix casual, Wii et DS est déjà en soit risqué. On le sait désormais depuis longtemps, la DS ça se pirate une main dans le dos, les yeux fermés. Je me demande pourquoi alors avoir continuer. Et le choix des DRM Ubisoftiens a été très mal vécu, et percu. Les seuls pénalisés, au final, ça a été les joueurs honnêtes.
Mais regardez les yeux sortis, je crois qu’en fait le problème soit plus subtil.
Red Steel 2 et Assasin’s Creed 2 sont de bon jeux. Seulement ils payent les méventes de leur prédécesseurs (Pour être honnêtre, Red Steel 1 était pas top, et Assassin’s Creed premier du nom manquait cruellement de fun). Et le budget pharaonique de certaines productions comme Assassin’s Creed n’est à mon avis pas justifié. Ils auraient pu faire un aussi bon jeu, aussi bien vendu, avec une équipe plus restreinte, et un gameplay plus nerveux.
Ubisoft use, épuise ses licences. Il y a quasiment deux « Tom Clancy » et un Lapin Crétin par an.
Se concentrer sur les licences, soit, c’est un choix stratégique, mais il vaudrait mieux, parfois, laisser retomber davantage le soufflé, pour que l’intérêt des joueurs revienne.
Regardons Blizzard : licences extrêmement fortes, un jeu tous les 5-10 ans. Le buzz sur ces jeux est énorme, incroyable.
Combien de Settlers durant le temps que Blizzard a passé à développer un seul RTS ? Le projet Starcraft 2 a démarré en 2003. Entre temps, Ubisoft a sorti Settlers 5,6,7 et Settlers 2 anniversaire. On comprendra que l’un ai une réputation de jeux polishés, et l’autre de suites en série.
Je comprend la logique des séries (regardons le ainsi, ça aide d’avoir les technos déjà développées). Mais faire une giclée de 3 prince de perse, en 4 ans, une giclée de 3 Splinter Cell en 3 ans… Ca nuit à la réflexion et à l’originalité du gameplay, ainsi qu’à la remotivation des joueurs.
Forcément, être le nez dans le guidon nuit, et on ne peut pas vendre des Prince de Perse comme on vend du Fifa, chaque année avec des modifs minimes. Il faut certes regarder ce que fait EA. Mais pas seulement.
L’avenir d’Ubisoft alors, selon moi c’est quoi ? C’est utiliser et créer plus de licences, utilisées en alternance. Un seul Splinter Cell tous les 4 ans, un Prince of Persia tous les 3-5 ans, avec un buzz terrible et une vraie attente des joueurs (le Prince Of Persia : Sable du temps a été un succès justement, à cause de ça !). Ubisoft a la chance de travailler avec de vrais créatifs, Ancel, Mechmer (et on me dit Raynal dans l’oreillette). Pourquoi ne pas leur laisser carte blance sur des projets moins ambitieux financièrement, mais porteurs de licence future ? Pourquoi laisser trainer BGE et Rayman dans un placard ?
Si on reste dans la logique financière, n’oublions pas qu’un coût moindre, c’est le risque de mévente qui est moins grave; Parfois il faut savoir diviser le budget des jeux par 2 et faire 2 jeux (combien de jeux on aurait pu faire avec le budget d’Assassin’s Creed 1 & 2 ?). Les oeufs dans le même panier, tout ça.
Le jeu vidéo s’étant ouvert au grand public, je ne crois pas que trop de licence nuise. Trop de jeux identiques, par contre, use terriblement. J’ai vu le buzz que provoque Bayonetta, c’est frais, ça change, forcément ça attire. Et SEGA retrouve son coté Hype, perdu douloureusement en faisant du Sonic à la chaine.
Car si on ajoute à ça que les jeux Ubi, bien que bons, sont des jeux d’aventure/action d’un classissime éprouvé, alors forcément, on peu aisément échanger un Prince contre un autre, un Rainbow 6 contre un autre… Ok ces jeux sont classe. La classe ne dure qu’un temps. Si on veut réattirer les joueurs il faut trouver de nouveaux noms, de nouveaux univers à leur faire explorer. Et je ne parle pas de fours comme King Kong (sans vouloir être méchant, je m’étonne que ce jeu soit sorti en l’état). Et je parlerai pas d’Avater.
Cette politique d’usage des licences, de sortie daté par les impératifs financiers, et d’un gameplay ultraclassique est selon moi, un symbole de court-termisme et lié à trop d’implication des financiers dans les choix décisionnels. C’est une politique de la terre brûlée qui pourrait faire le deuil d’Ubisoft rapidement. Je parie que des projets originaux, de Little Big Planet à Guitar Hero, n’auraient pas vu le jour chez Ubisoft. Trop risqué, trop novateur. C’est dommage, parce que je connais suffisament Ubisoft pour savoir qu’il y a là bas des gens de grand talent, de grande capacité, et qui pourraient faire des merveilles si on leur lâchait la bride, côté risques.
Pourquoi donc Square et Sega réussissent ? Square réussi en faisant des Final Fantasy un évènement à chaque fois.Notez bien : FF12 est sorti en 2006, FF13 en 2012. Pas de « giclée » de jeu. Par contre quel attente, quel buzz ! A la sortie de FF13, il y avait la bière FF13, la télé FF13 et les japonais ont adoré !
C’est un seul jeu, mais quelle attente à chaque fois. Et ils prennent parfois de gros risques avec le gameplay (FF13 nettoie avec plaisir certains élements clefs des précédentes licences). Et Square, même s’il a bien compris l’attrait énorme de FF7, limite énormément les jeux sur le sujet. D’une part parce qu’ils les ratent (mais c’est pas le sujet) d’autre part parce que l’attrait vient de la rareté.
L’aquisition récente d’Eidos va leur permettre de relancer Hitman, Tomb Raider, et bien d’autres licences, avec un bon coup de balais. En clair, sur des licences qui en valent le coup (et le coût), comme Final Fantasy, Square prend le temps de faire patienter les joueurs. On peut pas sortir tous les 2 ans un jeu qui coûte plus de 300 millions, dans le même genre, parce que l’attrait des joueurs va pas perdurer assez pour financer la suite. Faut attendre que l’envie revienne. Forcément je suis donc mitigé sur l’idée de revoir Assasin’s Creed revenir si vite.
Sega ? Sega a des couilles. Bayonetta, ou Condemmed à son époque en sont la preuve. Sega a du flair (les Total War). Et Sega aussi écoute énormément son panel de joueurs japonais : Yakuza 4, Phantasy Star. Pour pas que le soufflé Yakuza s’essouffle, ils ont fait 2 épisode, un intermède, re deux épisodes. L’intermède se passant dans le japon médiéval, ça a clairement rafraichi le joueur et les développeurs. Les développeurs ont besoin de changer de jeu plus régulièrement qu’après une giclée de 3 jeux.
L’autre fait différent, c’est qu’Ubi vise l’américano-européen comme public cible. Un public qui paye très cher ses jeux, et est habitué à en acheter peu. Square et Sega visent le joueur japonais, plus exigeant, mais plus dépensier (et les jeux coutent moins cher au Japon). Quand on me dit que FF 13 est rentable sur le seul Japon, ça ne m’étonne plus, du coup. Le prix moindre est compensé par un volume de vente sans précédent. Mais Sega et Square transcendent le coté Japonais de leurs jeux pour séduire le monde.
Ubisoft doit séduire le monde japonais. Et on leur souhaite bien du courage, ils s’y sont cassé les dents plus d’une fois. C’est ça, le défi de la globalisation.
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Hello : )
Je ne peux évidemment pas m’exprimer sur le sujet mais je serais curieux de savoir quel est ton avis suite à l’E3 !
MiKA
Au premier abord, beaucoup de suites, et de licences déjà connues, hélas. Je reste persuadé qu’Ubi a besoin de plus de licences, et que ressortir Assassin’s, Driver, Ghost Recon, Might & Magic, c’est intéressant mais certaines de ces licences ont déjà été bien usées ces dernieres années (peut être pas Driver, je n’ai pas suivi)… Cependant, car il y a un cependant :
J’attend beaucoup d’I AM Alive, Child of Eden, Dust et du projet sur Mickael Jackson pour apporter un peu de fraicheur au catalogue d’Ubi. Dans ce genre de projets, on ne peut juger que sur pièces, mais les intentions sont vraiment bonnes. J’espère que le consommateur sera reconnaitre ces perles, comme il a reconnu Little Big Planet, Loco Roco, Patapon, Echocrome et d’autres choses un peu indépendantes dans l’esprit.
Dans tous les cas y a du nombre, de la fraîcheur, c’est une bonne intention. Wait & See, donc, vu qu’il est facile de foirer un projet de jeu en France, mais avec un démarrage comme ça, il y aura probablement une perle ou deux dans le lot. Tiens j’en profite pour préciser un truc.
On m’a dit (un pote sur FB) que je n’aimais pas Ubi… En fait si. J’aime bien Ubi, justement. Je suis plus dans l’optique « Qui aime bien chatie bien ». Le plus gros éditeur Français est capable de grandes choses, avec de grands talents (et je ne dis pas ça parce que certains sont des copains, mais par simple et pure admiration). Donc forcément, j’espère toujours le meilleur.
Si ça peut expliciter, les japonais m’ont pas forcément donné de bonnes sensations sur cet E3 : je suis déçu de revoir encore un Metal Gear et un Castlevania chez Konami, des tonnes de Sonic (Sega nous a habitué à plus d’originalité). Et je me demande ce que le rachat de Lara Croft par Square peut donner. Et je parlerai pas de Capcom et de son line-up archi convenu
Enfin en bon geek, les futurs StarWars m’ont donné les frissons de plaisirs attendus. Force Unleashed 2 et le MMO de Bioware s’annoncent prometteurs.